(TORONTO, le 22 février 2016) – L’Association des centres de santé de l’Ontario salue les excuses présentées aujourd’hui par la première ministre Kathleen Wynne à « tous les Franco-Ontariens et toutes les Franco-Ontariennes, leurs communautés et tous et toutes qui ont souffert à cause du Règlement 17 ». Dans son discours, la première ministre a reconnu les obstacles vécus par les francophones depuis le dernier siècle, ainsi que l’échec de cette politique.
Le Règlement 17, adopté par le gouvernement du premier ministre James Whitney en 1912, a limité l’usage du français comme langue d’enseignement et de communication aux deux premières années du niveau primaire. En 1913, il a été modifié de manière à restreindre encore davantage l’enseignement en français à seulement une heure par jour. Bien que ce règlement ait été abrogé en 1927, il a fallu attendre en 1968 pour que l’Ontario reconnaisse officiellement les écoles françaises.
« Concrètement, le Règlement 17 a eu pour effet, à un moment où les francophones représentaient dix pour cent de la population de l’Ontario, de priver toute une génération de l’accès à l’éducation dans sa langue maternelle », affirme Denis Constantineau, directeur général du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, initiateur de la demande d’excuses. « Cette politique a contribué à l’assimilation d’un grand nombre de francophones. Des milliers de personnes ont perdu leur langue, leur culture et leur sentiment d’identité. Cela a eu des répercussions majeures sur leur santé et leur bien-être. Des décennies plus tard, nous continuons à en ressentir les effets. »
L’Association des centres de santé de l’Ontario, dont fait partie le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury, représente 108 centres de soins primaires de l’Ontario. Dans le cadre de son cadre anti-oppression, l’Association reconnaît que les communautés francophones ont des histoires, des besoins, des droits juridiques et des droits protégés par la Constitution distincts, qui doivent se refléter dans des politiques publiques empreintes de respect, d’inclusion, de responsabilisation et d’équité.
« Le Règlement 17 est une politique publique qui n’aurait jamais dû exister », déclare la chef de la direction de l’ACSO, Adrianna Tetley. « Nous nous réjouissons que la première ministre Wynne ait présenté ses excuses pour ce chapitre très fâcheux de l’histoire du système d’éducation de notre province. Il s’agit d’une première étape importante. Nous pressons la première ministre de veiller à ce que son gouvernement prenne des mesures énergiques pour faire en sorte que tous les autres systèmes financés par le gouvernement provincial répondent plus efficacement aux besoins des populations francophones. Notre système de santé est un autre exemple où la politique provinciale échoue actuellement à assurer l’accès équitable des francophones aux services en français. »
D’ici quelques semaines, l’Association soumettra sa réponse officielle aux propositions du ministère de la Santé et des Soins de longue durée sur les mesures visant à réformer la prestation des services de santé. L’Association fera valoir que le modèle fragmenté actuel de prestation des services de santé en français doit être remplacé par un système plus équitable et plus robuste.
Source : Oleksandra Budna : 647-278-7926 oleksandra.budna@aohc.org